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La Chouette hulotte Strix aluco

Recherches sur la Chouette hulotte

Dès 2001, le GOBE (Groupe Ornithologique de Baulmes et Environs) et le GBRO (Groupe Broyard de Recherche Ornithologique) ont décidé de mettre en commun leurs données patiemment accumulées depuis plus de 15 ans sur la Chouette hulotte. Cette collaboration vise deux buts principaux. Le premier est de mieux comprendre la dynamique de population et de reproduction sur une zone géographique où l'on trouve un grand nombre de types de forêts différentes (forêts alluviales, hêtraies, chênaies, forêts mixtes pessières, etc.). Le travail de terrain réalisé de 2002 à 2006 montre que les fluctuations de population d?une région à l?autre ne sont pas forcément synchrones, certaines années étant bonnes pour la région de Baulmes et d?autres années pour la région de Cossonay. Une pose intensive de 366 nichoirs a été réalisée entre novembre 2004 et février 2005. Le nombre de couples nichant dès le printemps 2005 a été formidablement élevé (141). Cette offre de plus d?un nichoir par km2 a permis à tous les oiseaux potentiellement nicheurs de pouvoir se reproduire. C?est probablement une des raisons pour lesquelles seuls 72% des couples ont produit au moins un jeune à l?envol. En moins d?une année les 3/4 des nichoirs ont donc été visités par des Hulottes nicheuses et non-nicheuses démontrant que la réserve de population est importante chez cette espèce. Ce suivi nous a conduits à analyser le régime alimentaire de façon très précise. Ce sont 1146 surplus de proies qui ont été déterminés, 329 proies provenant de pelotes de réjection et 5155 provenant des fonds de nichoir. La proie principale est le Mulot (64%) suivie par le Campagnol roussâtre (19%). Parmi les spécialités notons un triton, un poisson, le Rat des moissons, un Murin de Bechstein et une écrevisse. Parmi les oiseaux tombés sous les serres de la hulotte, on note le Gros-bec, le Tarin des aulnes et le Pinson du Nord.

Une hulotte dans les expertes mains d'Alexandre Roulin.

Le deuxième but de notre travail commun est de mieux comprendre les implications du polymorphisme de coloration des Hulottes. On sait en effet que le plumage de cet oiseau varie du gris au roux avec tous les types intermédiaires de coloration. Depuis 1997 pour le GBRO et 2001 pour le GOBE nous collectons 8 plumes sur chaque femelle capturée afin d?en de mesurer la coloration très précisément. Nous avons déjà pu constater que la condition physique des jeunes est directement reliée à la coloration de leur mère : plus les femelles sont grises et plus leurs jeunes sont en bonne condition physique (Fig. 1). D?autre part, les « années chaudes » se caractérisent par une propension des femelles grises à ne pas nicher (Fig. 2). Dès 2002, le GOBE et le GBRO ont décidé d?unir leurs efforts afin d'essayer de mieux comprendre pourquoi la coloration du plumage des femelles de Hulotte est si fortement corrélée à divers paramètres de la reproduction. Dans cette optique, nous avons effectué un certain nombre d?études de 2002 à 2006. Les résultats sont encourageants le principal étant que les jeunes des parents roux grandissent mieux lorsque la nourriture est en abondance. Par contre, les jeunes nés de parents gris sont plus résistants à la disette. Ces résultats, couplés à d?autres, suggèrent que les morphes gris et roux sont associés à des adaptations permettant de faire face à un environnement dont la qualité fluctue de façon temporelle mais aussi spatiale.

Figure 1: Relation entre la condition physique des jeunes et la coloration de leur mère. Plus la mère est grise et plus les jeunes ont un poids élevé. (Données récoltées en 1997 par le GBRO)

Figure 2: Relation entre les températures printanières et la proportion de femelles nicheuses grises. Chaque point représente les données d'une année. Ces résultats montrent que plus les températures sont élevées et plus les femelles grises s'abstiennent de nicher. (Données collectées entre 1986 et 2000 par le GOBE.)

Contacts:

Alexandre Roulin, Jacques Jeanmonod, Bertrand Ducret, Pierre Bize et P.-A. Ravussin

Si vous voulez en savoir plus sur cette espèce, une fiche détaillée est téléchargeable:

Travaux publiés:

ROULIN Alexandre, DUCRET Bertrand, RAVUSSIN Pierre-Alain, ALTWEGG Res (2003) : Female colour polymorphism covaries with reproductive strategies in the tawny owl (Strix aluco). Journal of Avian Biology 34: 393?401.

ROULIN Alexandre et al. (2005) : Oxygen consumption in offspring tawny owls Strix aluco is associated with colour morph of foster mother. J Ornithol 146: 390?394.

ROULIN Alexandre, BIZE Pierre, RAVUSSIN Pierre-Alain, BROCH Laurent (2004) : Genetic and environmental effects on the covariation between colour polymorphism and a life-history trait. Evolutionary Ecology Research, 6: 1253?1260.

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