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L’Effraie des clochers Tyto alba

Seul représentant de la famille des Tytonidés, ce rapace nocturne porte un nom qui ne correspond pas vraiment à ses lieux de repos et de nidification dans nos régions. Depuis longtemps, les grillages et les abat-sons installés sur nos clochers interdisent à l’Effraie de s’y installer. Aussi, c’est sur les vieilles fermes et les hangars en zone agricole qu’elle se rabat. Comme elle n’y trouve que fort rarement des sites adaptés pour la nidification, les nichoirs constituent de loin le site de reproduction le plus prisé.

Portrait d'une femelle adulte

La saison de reproduction est en général plutôt tardive comparativement à la chouette hulotte, la ponte ne débutant souvent aux mois d’avril et de mai bien que les bonnes années l’effraie puisse pondre dès le mois de mars ou même février. L’activité reproductrice chez cette espèce est exceptionnellement longue pour un oiseau vivant sous nos latitudes, car la ponte peut compter jusqu’à une dizaine d’oeufs, pondus à 2 jours d’intervalle, chaque oeuf nécessite au moins 30 à 34 jours d’incubation et l’élevage dure environ trois mois. Etant donné qu’environ 10-20% des individus produisent deux pontes annuelles, la saison de reproduction peut durer du mois de mars au mois de novembre sans compter le temps investi pour trouver un partenaire et un site de reproduction. En d’autres termes, l’Effraie passe le plus clair de son temps à des activités liées à la reproduction. (Dans une même nichée, l’aîné a donc parfois près de 3 semaines de plus que le cadet. La durée de séjour au nid varie de un mois et demi à deux mois. De plus le couple peut entreprendre une seconde nichée. Il n’est donc pas rare d’avoir des jeunes au nid jusqu’à l’arrière automne.)

Pesée d'un jeune âgé d'environ un mois

Avec de telles possibilités de reproduction, l’Effraie est capable d’augmenter rapidement ses effectifs, ce qui lui est indispensable pour compenser la mortalité très importante que ses populations subissent. Elle est fréquemment victime du trafic routier, et subit de manière très négative la transformation de l’habitat et des pratiques agricoles. Les hivers rigoureux, en particulier lorsqu’ils comportent une période d’enneigement durable et important, peuvent décimer ses populations.

Afin de favoriser cette espèce, le GOBE a installé dans la Plaine de l’Orbe et au Pied du Jura depuis le milieu des années 80 une cinquantaine de nichoirs. La plupart sont posés contre la façade des hangars et des fermes et ils sont entretenus, renouvelés et contrôlés entre avril et août.

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